Les 7 étapes d’un projet web qui aboutit, du cadrage à la mise en ligne — avec les arbitrages que personne ne vous explique avant de signer.
Cahier des charges d’un site web : la trame complète, section par section

Un cahier des charges de site web n’a pas besoin de faire quarante pages. Il doit répondre à neuf questions, avec assez de précision pour que deux prestataires différents chiffrent la même chose. Voici la trame que nous utilisons en atelier de cadrage, avec pour chaque section ce qu’il faut écrire — et ce qu’il ne sert à rien d’écrire.
À retenir
- Un bon cahier des charges tient en 5 à 10 pages et se rédige en deux ateliers.
- Décrivez des objectifs et des contraintes, pas des solutions techniques.
- Priorisez explicitement : « indispensable », « souhaitable », « plus tard ».
- Indiquez votre budget : sans lui, les devis reçus ne sont pas comparables.
- Précisez qui décide et sous quel délai — c’est ce qui pilote le calendrier.
À quoi sert vraiment ce document
Le cahier des charges sert à trois choses : obtenir des devis comparables, aligner votre équipe interne sur ce qu’on fabrique, et disposer d’une référence commune quand une demande sort du périmètre. Il ne sert pas à décrire l’implémentation technique — c’est le rôle du prestataire, et l’imposer vous prive de son expertise.
« Décrivez le problème et les contraintes. Laissez la solution à ceux dont c’est le métier. »
Les 9 sections de la trame
1. Contexte et objectifs
Qui vous êtes, ce que vous vendez, pourquoi ce projet maintenant. Terminez par un objectif chiffré : « passer de 4 à 15 demandes de devis qualifiées par mois d’ici juin ». Sans chiffre, personne ne pourra dire si le projet a réussi.
2. Cibles et parcours
Deux ou trois profils maximum, décrits par ce qu’ils cherchent et ce qui les fait hésiter. Ajoutez comment ils vous trouvent aujourd’hui : recherche Google, recommandation, réseaux sociaux, salon.
3. Existant
URL du site actuel, technologie, hébergeur, volume de trafic, pages les plus visitées, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Cette section conditionne le travail de refonte et le plan de redirection.
4. Périmètre fonctionnel
La liste des fonctionnalités, chacune classée « indispensable », « souhaitable » ou « plus tard ». Une liste sans priorité est une liste que le prestataire priorisera à votre place, ou chiffrera au maximum. La plateforme IoT de FM Dynamic, livrée en deux semaines, ne tient ce délai que parce que l’arbitrage était fait avant de commencer : des pages sectorielles générées depuis le CMS, extensibles sans code, plutôt qu’un gabarit dessiné secteur par secteur.
5. Arborescence pressentie
Un simple plan indenté des pages envisagées suffit. Il n’a pas besoin d’être définitif : il sert à estimer le volume de gabarits, qui est le principal facteur de prix.
6. Contenus
Qui rédige, qui fournit les visuels, à quelle date. Précisez si vous attendez de l’agence une prestation de rédaction ou de photographie — c’est un poste budgétaire à part entière, et la première cause de retard. Dites aussi qui publiera après la mise en ligne : cette exigence-là se décide au cadrage, pas à la recette.
7. Contraintes techniques et légales
Outils à connecter (CRM, ERP, facturation, réservation), obligations d’accessibilité, RGPD, hébergement imposé, charte graphique existante, exigences de sécurité propres à votre secteur. C’est la section qui pèse le plus lourd dans le secteur public : le site officiel de la commune de Ronquerolles devait porter une déclaration d’accessibilité RGAA et reprendre les fiches officielles de service-public.fr en comarquage, deux contraintes qui changent la structure du projet.
8. Budget et calendrier
Donnez une fourchette et une échéance. Cacher son budget ne fait pas baisser les prix : cela produit des propositions hors sujet, dans un sens ou dans l’autre, et fait perdre du temps aux deux parties. Une échéance ferme est d’ailleurs une bonne contrainte de conception : la boutique Fenkura a ouvert le jour du drop parce que le drop était déjà annoncé, et le périmètre a été taillé pour cette date.
9. Gouvernance
Qui est l’interlocuteur unique, qui valide quoi, sous quel délai, et quel est le rythme des points d’avancement. Cette section est la plus courte et la plus déterminante pour tenir le planning.
Les erreurs qui coûtent le plus cher
- Décrire l’implémentation (« il faut du WordPress avec tel plugin ») au lieu du besoin.
- Fournir une liste de fonctionnalités sans priorité ni objectif associé.
- Omettre le budget pour « voir ce qu’ils proposent ».
- Copier un cahier des charges trouvé en ligne sans l’adapter à votre réalité.
- Oublier l’après : maintenance, évolutions, formation de l’équipe interne.
- Ne désigner personne comme décideur, ou en désigner cinq.

Ce qui se passe après l’envoi
Envoyez le document à trois prestataires maximum, avec la même date limite. Attendez de chacun un devis détaillé par phase, un calendrier et deux ou trois références comparables. Un prestataire qui ne pose aucune question avant de chiffrer n’a probablement pas lu le document.
Pour comparer les propositions à armes égales, regardez la méthode plus que le prix. Et pour arbitrer entre les modèles de prestataires, lisez agence web ou freelance.
Questions fréquentes
Quelle longueur doit faire un cahier des charges de site web ?
Cinq à dix pages suffisent pour la grande majorité des projets. Au-delà de vingt pages, le document devient difficile à maintenir et les contradictions internes commencent à apparaître.
Faut-il indiquer son budget dans un cahier des charges ?
Oui, sous forme de fourchette. Le budget est une contrainte de conception au même titre que le délai : il permet au prestataire de proposer le meilleur périmètre possible plutôt qu’une proposition au hasard.
Peut-on faire un site sans cahier des charges ?
Oui, à condition que le prestataire réalise lui-même le cadrage en début de mission. Ce qui n’est pas viable, c’est de démarrer la production sans qu’aucun document ne fixe le périmètre : les arbitrages se font alors en urgence, au détriment du budget.
Qui doit rédiger le cahier des charges ?
Le porteur du projet côté entreprise, idéalement accompagné d’un prestataire lors d’un atelier de cadrage. Ce format mixte donne les meilleurs résultats : la connaissance métier vient de l’interne, la structure vient de l’expérience projet.
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